La fraude est un cauchemar qui touche aussi bien les plateformes d’affiliations et les régies publicitaires lorsqu’elles avancent des budgets aux webmasters ou éditeurs de site internet, que les annonceurs qui ne possédant que très rarement des outils de statistiques détaillés se fient aux rapports des plateformes d’affiliations ou régies publicitaires.

Il existe sur le marché de nombreux types de fraudes qui seraient longs et fastidieux à énumérer mais certains valent le détour.

Tout d’abord qu’est-ce qu’une fraude en affiliation : elle a pour source à 80 % le webmaster, en effet les régies publicitaires, plateformes d’affiliation et les annonceurs ne sont pas des anges non plus, qui essaieront par des moyens plus ou moins techniques ou technologiques d’augmenter ses statistiques afin de générer du client fantôme pour augmenter ses gains publicitaires au détriment du client final. Nous pouvons ainsi distinguer les différents types de fraudes suivants.

La fraude au CPM

Prenons le cas d’un webmaster qui dispose de la part d’une régie publicitaire ou plateforme d’affiliation d’une campagne publicitaire payée au CPM : ce dernier peut avoir recours à des générateurs de visites qui, grâce à une matrice, augmentent le nombre de vues de la bannière publicitaire avec un système d’IP aléatoire. Ce système est facilement contournable aujourd’hui par les plateformes d’affiliation ou les régies publicitaires.

Dans ce même cas de type de rémunération au CPM le webmaster ou l’éditeur du site internet peut aussi utiliser les tags de la bannière publicitaire et la diffuser sur un autre site. En effet certains annonceurs ou advertisers ciblent leurs campagnes et n’autorisent pas la diffusion sur certains sites internet car ils les estiment hors cible et préfèrent donc payer plus cher un montant de CPM afin de n’avoir que la cible choisie. Le webmaster ou l’éditeur dans ce cas précis, pourrait être tenté de diffuser la publicité ayant un meilleur taux de CPM sur l’ensemble de ses sites internet afin d’augmenter ses gains publicitaires.

La fraude au CPC

Pour le cas d’une campagne CPC nous sommes plus ou moins dans le même type de fraude que le CPM sauf que ce seraient des clics générés au lieu de pages vues.

La fraude au CPL / CPA

Ensuite nous avons l’exemple de la fraude sur du CPL ou CPA. Cela représente souvent la plus grande fraude existante. Pour le cas du CPL les webmasters n’hésitent pas à utiliser un système dit d’incentive qui consiste à forcer un visiteur à s’inscrire quelque part ou cliquer sur une bannière afin de lui offrir des accès ou services spécifiques.

Par exemple pour un site de jeux, « inscrivez-vous chez notre partenaire et nous vous offrirons des crédits de jeu ». L’incentive ne rapportant pas de trafic ou d’inscriptions qualifiées elle est bannie dans pratiquement toutes les campagnes publicitaires excepté sous certaines conditions et à des prix très bas comme pour les campagnes de clic sur les sites de PTP et PTC. Un site PTC vient de l’anglais pay to clic, payer pour cliquer, et le PTP est l’acronyme de pay to play.

Pour les fraudes de type CPA il faut tout d’abord revenir sur le concept du CPA. C’est un montant fixe donné pour une action qui est souvent un achat. Si les annonceurs rémunèrent un montant fixe d’un achat qui est souvent un pourcentage sur une vente et donc l’éditeur ou le webmaster est assimilé à un apporteur d’affaires, d’autres annonceurs n’hésitent pas à valoriser le montant du CPA sur la valeur d’un client basé sur un panier moyen. Dans le deuxième cas il se peut qu’un annonceur offre une somme 5 à 10 fois supérieure comme 100 euros dès que le visiteur devient client de leurs sites internet, sachant que ce que nous nommons la Baseline, donc l’achat minimum pour déclencher le CPA, tourne autour de 20 euros.

Ainsi des webmasters proposent simplement de rembourser le premier achat sur certains sites à hauteur d’un certain montant. Le nouveau client ou visiteur se verra remboursé d’une somme moindre comme 30 euros alors que le webmaster gagnerait 100 euros. L’opération est donc toute bénéfique pour l’éditeur par le gain d’une commission de 70 euros sur l’envoi d’un client qui ne reviendra surement jamais car il aurait effectué son achat que parce qu’il serait gratuit.

Les plateformes et les annonceurs ne sont pas non plus tout blanc

Si vous avez des statistiques du nombre de visiteurs uniques sur votre site internet, il faut savoir que seuls les rapports de visiteurs des plateformes d’affiliation ou régie publicitaires sont pris en compte. Les chiffres n’étant jamais concordants une tolérance est acceptée moralement par les webmasters mais il faut savoir que certaines régies n’hésitent pas à amputer quelques pourcents sur le nombre de visiteurs uniques afin d’augmenter leurs marges.

1% de différence entre vos statistiques via votre outil personnel et les rapports des plateformes peut vous sembler insignifiant mais si vous multipliez cela par 1000 sites internet qui font chacun 100 000 pages vues par jour, c’est un torrent de bénéfices.

Le problème des adblock

Enfin il faut ajouter à cela un phénomène depuis quelques années : les logiciels de blocage de publicités. Les régies publicitaires ou les plateformes d' affiliation ne comptant que l’affichage des bannières publicitaires, il vous faudrait pour contrôler vos gains publicitaires un compteur de visiteurs utilisant adblock par exemple.

Ainsi en soustrayant le nombre de visiteurs qui n’affichent pas vos publicités à celui de votre total de visiteurs unique sur votre site internet vous devriez arriver à un chiffre plus ou moins semblable à la régie publicitaire ou plateforme d’affiliation.

La fraude sur les rapports

Pour finir, les rapports étant validés en fin de mois par les annonceurs (ou à J+30 par exemple pour les enseignes e-commerce), les plateformes d’affiliation ou régies publicitaires sont souvent obligées de se fier à ce que les annonceurs appellent non qualifié. Je vous donne un exemple. Vous faites 100 CPL donc inscriptions dans le mois et l’annonceur explique en fin de mois que 20 de ces inscriptions comportent de faux emails. Vous ne serez payés que sur 80 leads au lieu de 100. Cela est aussi valable pour les achats sous la forme de clients ayant souhaité se faire rembourser, l’annonceur refusera donc de payer l’acquisition d’un client (ex : produit non souhaité, remboursement d’une commande, etc).

Pour conclure...

La fraude existe et existera toujours mais les plateformes d’affiliation sont de plus en plus techniques et disposent de nombreux outils afin de contrôler les flux de clients.